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DE LA TRACE, LES GEOGLYPHES

Pratique plastique, recherches sur le rythme, la matière, la forme, la couleur.
Plastic practicing. a quest for rhythm, substance, shape and colour.

Géographie des lieux
Du grec « graphein » graver , « gé » terre.
Geography of the area - from ancient greek "graphein", carve and "gaia", earth.

L’homme affirme son existence en gravant la terre depuis des temps immémoriaux ; notre mémoire a conservé au plus profond ce rapport à la terre. Appropriation d’un morceau d’espace terrestre où se lisent les traces de l’activité humaine, traces de la civilisation.
From time immemorial, mankind has been affirming its existence by carving the land. this relation with earth is still rooted deep in our collective memory. making ours a part of the land where imprints of human activity, traces of civilization, can be read.

La trace témoigne de notre histoire ; la trace révèle le combat de l’homme contre l’homme, pour se protéger, pour se fixer, pour s’étendre.
L’aventure humaine me fascine dans ce qui subsiste ; penser l’homme dans ce qui reste.
C’est en prenant de l’altitude qu’apparait dans la terre le spectre d’anciens bâtis, murets, anciennes cultures : la trace appartient à la terre comme la terre à l’homme, comme l’homme à la terre.
Trace, witness of our History, revealing the struggle of Man versus Man, for self protection, for settling down, for expansion. I’m fascinated by human adventure through its traces … conceiving mankind through its remains. Seen from above, the land reveals scars of ancient dwellings, ghosts of long gone walls and fields. Trace belongs to Earth, as Earth belongs to Man, as Man belongs to Earth.

Camouflée et enfouie lorsqu’on est au sol, la trace se révèle dans la photographie aérienne par ses lignes claires ou sombres, ses scarifications, ses reliefs singuliers.
Burried in and concealed from the ground, Trace reveals itself through aerial photography as lighter or darker lines, scarifications, singular features.


 
 
© Photo Jacques Dassié  
DU TERRITOIRE

Il est un élément constitutif de la collectivité. (Etendue de la surface terrestre sur laquelle vit un groupe humain) – c’est l’appropriation de la terre par l’homme, un morceau d’espace terrestre qui, par la transformation que lui fait subir l’homme, passe de l’idée de pré-lieu à l’idée du lieu. Un espace investi par l’homme, pour l’homme.

It is a component of the community – the span of the area where a human group lives. It is the appropriation of land by Man, an area shaped from a pre-place to a place by the transformations human activity brings about. A space Man took over and dedicated to Man.

« L’échelle gère la relation entre des espaces différents, c’est par l’échelle que sont reliés les niveaux de lecture pour établir entre eux une continuité dans l’espace » Philippe Boudon
Sur l’espace architectural
"Scale rules the relations between different spaces. Scale links different levels of reading to establish continuity between them in space".

J’ai moi-même cherché à confondre mon regard sur deux plans simultanés :
Le plan horizontal ou frontal dont nous sommes coutumiers avec sa profondeur, ses perspectives, ses volumes, dans l’espace qui nous enveloppe.
Le plan vertical porte notre regard en altitude. Les espaces sont reliés entre eux par des trames, des lignes, réseaux, éléments-signes.
Paysages picturaux animés de taches sombres, argentées et profondes comme des miroirs que sont les lacs, rivières, estuaires ; patchworks de couleurs et de matières entre terres en friches, forêts, champs cultivés, vastes étendues, densités urbaines et ici et là quelques hameaux égarés.
My works are an endeavour to combine two coexisting perspective :
The horizontal or frontal plane -the one we are used to- with its depth, its perspectives, its volumes contained in the space all around us.
The vertical plane – the one which has us gaze from above- linking spaces together through lines, structures, grids and key signs.
Pictorial landscapes animated by darker, deeper, silvery mirrorlike spots and lines wich are lakes, rivers and estuaries. Colourful patchworks and matters, wasteland, forests, fields, large empty areas, dense urban area, with the odd lost hamlet here and there.

Il faut s’élever, porter son regard autrement.
One has to rise up, to get a different point of view.

La distance permet de voir différemment, de prendre conscience de notre propre corporéité.
Distance allows one to see differently, to take conscience of one’s own corporeality.


 
 
D'après document IGN Terres et eaux, XII 2009  
DU PAYSAGE

Les éléments qui constituent le PAYSAGE contiennent dans leur forme et dans leur matière une structure symbolique puisée à la base même de la société. Dans chaque paysage il est une part de nature, une part de culture.
Toutes les formes et toutes les associations de couleurs que peut imaginer un individu appartiennent à notre espace terrestre et paysager.
Comme nous puisons nos ressources de la terre, nous puisons nos connaissances de l’observation de notre environnement, notre sens esthétique du paysage naturel, matières, lignes, formes.
De nombreux artistes, architectes, designers, ont emprunté leur vocabulaire à l’espace paysager : symétrie, répétition, régularité, structure, liaisons, emboitements …

Le paysage est l’espace concret que nous déclinons à différentes échelles :
- Dans la proximité immédiate de sa préhension dans un rapport sensitif (tactile, olfactif, sonore, visuel et gustatif)
- A une altitude et distance réelle dans un rapport sensible (visuel) cognitif, intuitif, une prise de conscience face à notre propre humanité.
- Inversement, dans une proximité telle que le mur lui-même devient à son tour paysage avec ses accidents, ses aspérités, ses moisissures, ses coulures, ses graffitis, dans un rapport sensitif, sensible et de surcroît émotionnel.

Brassaï a inscrit son regard au travers de ses clichés pour nous en laisser la trace et le témoignage.

Les traces sur un mur, infligées par les marques du passé, de l’usure, d’où se détachent des formes en mouvement ; nous avons tous fixé nos regards d’enfants sur des plafonds écaillés qui livraient à nos imaginations des mondes mystérieux.

Exprimer tout le sensible d’un mur, d’une porte, d’un volet… je me souviens d’un volet disjoint où s’infiltraient les rayons du soleil comme des fils ténus où dansait la poussière puis s’achevaient en taches éclatantes et vibrantes que je m’efforçais en vain d’attraper.

Adultes, la poétique du regard refuse la banalisation des objets qui nous entourent.


 
 
Photo de mur retravaillée en couleur  
Noli Tangere

Si j’avais dû baptiser ce site, je l’aurais nommé "Noli tangere". Pourquoi, me demanderez-vous ?
J’ai appris que ce terme latin désignait une fleur, la balsamine sauvage, dont les capsules libèrent ses fruits au moindre contact. Ce mécanisme se nomme "libération explosive". Cela me plait.
De plus, avec la balsamine, on obtient également un baume (balsamo) qui guérit les plaies.

Je m’expose en ligne, cela veut dire que j’attends vos critiques bienveillantes, ou pas, ainsi que des échanges et bien entendu, des propositions d’exposition. Enfin, vous êtes invités à faire diffuser le lien à votre convenance, merci d’avance.

Web designer : Alban Gaudion

Photographies :